Le sol est vivant

La couche superficielle d’un sol vivant grouille de vie : vers de surface, mollusques gastéropodes (limaces et escargots), larves d’insectes (Diptères, Coléoptères, insectes divers), champignons, bactéries. Elle est un mélange intime de matières organiques et de terre minérale. Ce mélange semble contenir plus de vides que de pleins, où l’on trouve aussi bien de l’eau que de l’air. Cette eau est elle-même un lieu de vie pour des millions de bactéries et autres organismes. Tous ces organismes participent à la transformation de la matière organique fraîche en composés transitoires qui représentent les différentes étapes de création de l’humus.

Les mycorhizes du sol

La plupart des plantes de nos jardins (excepté les choux, les radis, les épinards, les betteraves, les artichauts, …) forment une symbiose avec un champignon sous forme de mycorhizes. (Définition du Larousse « symbiose » : association constante, obligatoire et spécifique entre deux organismes ne pouvant vivre l’un sans l’autre, chacun d’eux tirant un bénéfice de cette association).

mychorizes

Le mycélium des champignons est beaucoup plus fin que les racines. Du coup il peut explorer des pores plus petits et plus nombreux à la recherche de l’eau et des nutriments en multipliant ainsi au moins par 10 le volume de sol exploré par la plante, se rendant ainsi indispensable à celle-ci pour s’alimenter mais aussi lutter contre les champignons parasites ou même les insectes herbivores. Ces champignons produisent également une substance qui structure le sol alentour, favorisant ainsi le développement de la plante. En retour les plantes nourrissent leur partenaire avec les sucres élaborés produit grâce à la photosynthèse.

Les vers de terre :

Ces vers sont une des pièces maîtresses de la vie du sol. On distingue les vers qui vivent dans des galeries horizontales, les vers épigés en surface, et les vers endogés en profondeur, de ceux qui vivent dans des galeries verticales, les vers anéciques. Ils enfouissent les matières organiques de surface jusqu’à un ou deux mètres de profondeur et remontent du fond les éléments minéraux, brassant ainsi tous les horizons du sol. Toutes ces galeries horizontales et verticales participent à la bonne circulation de l’air, de l’eau et de la faune du sol et facilitent l’enracinement des végétaux. En effet, la terre ainsi digérée et rejetée par les vers (dans un sol en bonne santé, environ 270 tonnes de terre par hectare transiteraient par le tube digestif des vers de terre chaque année), appelée le « lombrimix », riche en micro-organismes est plus accueillante pour les jeunes racines.

La plante nourrit le sol :

Les végétaux par photosynthèse transforment le gaz carbonique de l’air et l’eau puisée dans le sol en sucres sous l’action de la lumière solaire. Ces végétaux nourrissent les herbivores. « Mais l’essentiel de cette énergie contenue dans les plantes est fournie directement au sol et aux organismes divers et variés qui l’habitent », par chute au sol des parties aériennes des végétaux, par décomposition des racines mortes et aussi par la sécrétion de composés organiques par les racines vivantes. C’est ainsi que les plantes nourrissent en permanence l’écosystème du sol.

Les articles qui suivent nous ont été très fortement inspirés par le livre que nous vous recommandons Quand les vers de terre remplacent la bêche ! de Gilles Dormenech. Vous y découvriraient toutes ces notions détaillées issues de la permaculture ou de l’agro-écologie, illustrées de pratiques de nombreux jardiniers qui sont autant d’invitations à expérimenter, à cultiver en symbiose avec le vivant sous toutes ces formes.

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